A propos de la Belgian Homeless Cup

Qu'est-ce que la Belgian Homeless Cup?

La BHC est une compétition de football socio-sportive pour les personnes sans-abri et sans-chez-soi. Le but est d’encourager les joueurs via le sport à poursuivre leurs actions pour améliorer leur situation, en étant conscient que celle-ci est le résultat d’un processus de rupture de liens et d’exclusion.

Quel est le rôle des tournois?

Avec les tournois, nous voulons amener les personnes sans-abri à croire à nouveau en elles. En les impliquant dans la dynamique du football, ces personnes peuvent à nouveau avoir confiance, acquérir des compétences sociales et surtout croire et avoir confiance en un nouvel avenir.

Qui participe à la Belgian Homeless Cup?

Certains de nos joueurs n’ont littéralement pas de toit, d’autres en ont un, mais avoir un toit ne signifie pas avoir un foyer, un chez soi.

Le sans-abrisme est plus qu’un problème d’habitat. Et habiter, c’est plus qu’avoir un toit. Habiter signifie être protégé, en sécurité, avoir de l’intimité, une identité, un ancrage, des réseaux sociaux, une famille, un entourage, un voisinage... et vivre sainement: avoir une place pour cuisiner, manger, s’occuper de soi, dormir, se soigner quand on en a besoin.

Par personnes sans-abri, nous entendons, par exemple:

  • personnes dans des centres d'accueil
  • personnes avec une dépendance à l’alcool ou à la drogue
  • personnes victimes de marchands de sommeil
  • personnes dans des logements inadéquats
  • personnes sans-papier
  • ...

Derrière chaque visage, il y a une histoire. Le sans-abrisme peut arriver à tout le monde. Il suffit qu’à un mauvais moment, des mauvais choix soient opérés ou qu’un malheureux concours de circonstances mène à un changement radical.

Nos joueurs ont le courage ont le courage de vouloir changer leur situation en se lançant un défi et sont ainsi un exemple pour les autres.


Le sans-abrisme et le mal-logement

Qu'est-ce que le sans-abrisme?

Quand nous pensons aux personnes sans-abri et sans chez soi, nous pensons spontanément à un homme plutôt vieux avec une barbe et un long imper sale qui noie son chagrin dans l'alcool en chantant. Cela étonne donc une grande partie des gens de savoir que la moyenne des personnes sans-abri semblent plutôt être une jeune femme qu'un homme au delà des 45 ans. Nous avons une image stéréotypée du 'sans-abri'. Mais ce n'est pas tout, nous avons aussi souvent une fausse image de la manière par laquelle les personnes deviennent sans-abri ou sans chez soi et comment ils vivent cela.

On entend alors: 'C'est de leur propre faute! C'est bien fait'. C'est peut-être parfois le cas, mais dans la plupart des cas, les personnes deviennent sans-abri à cause d'un long processus de liens brisés et d'exclusion. Il y a différentes causes à la base de cette spirale négative comme la perte d'un job ou d'une habitation, une rupture dans une longue relation, une faillite ou une maladie... Mais des problèmes d'éducation ou de santé mentale peuvent aussi jouer un rôle.

 Ainsi, des personnes arrivent dans des situations où ils n'ont vraiment pas de toit au-dessus de leur tête (sans-abri) ou des situations où une maison ne signifie pas un chez-soi (sans-chez-soi, par exemple abri de nuit ou accueil d'urgence).

D’après une enquête portant sur l’aide des CPAS aux personnes sans-abri et sans-chez-soi menée par les universités d’Anvers et de Liège pour le SPF Intégration Sociale, pour 10 000 habitants en Wallonie, il y a en moyenne deux fois plus de personnes sans-abri qu’en Flandre (25 contre 12). La Région bruxelloise à la plus grande moyenne avec 30 personnes sans-abri pour 10 000 habitants. En ce qui concerne l’évolution du nombre de personnes sans-abri,  plus de CPAS flamands trouvent que leur nombre a augmenté durant les dernières années ; plus de CPAS wallons et bruxellois trouvent que le nombre est resté égal. Le nombre de personnes sans-abri chroniques (personnes qui restent plus d’une année dans cette situation) représente 55% du total de dossiers liés aux personnes sans)abri dans les CPAS de la capitale bruxelloise, c’est presque la moitié en moins en Wallonie avec une diminution de 28% et encore moins en Flandre avec une diminution de 16%.

Adaptation en 2016 avec les chiffres suivants:
Brussel: 30/10000 (habitants 2016: 1.187.890)
Wallonie: 25/10000 (habitants 2016: 3.602.216)
Flandre: 12/10000 (habitants 2016: 6.477.804)
Belgique: 11.267.910


En bref?

C’est un projet médiatique qui ne change rien à la situation des personnes sans-abri

Non! Ce projet apporte une structure dans la vie des joueurs et un but sur lequel travailler. Ils sont encouragés à changer leur situation: Cela concerne aussi bien l’activation professionnelle (suivre une formation, chercher un emploi) que l’activation sociale (reconstruction des liens familiaux, construction d’un réseau...).

Les clubs de football sont trop professionnels pour collaborer avec des équipes DE PERSONNES SANS-ABRI

Non! Ils disposent d’une expertise dans le domaine du football et d’un réseau de partenaires et de média. Ils s’engagent ainsi à prendre un engagement dans la société.

Ce n’est pas une aide individuelle classique!

En effet.

Les participants à la BHC sont avant tout des joueurs. En les impliquant et en leur donnant la chance de travailler en groupe à un objectif, en leur donnant des responsabilités, le chemin vers l’aide sociale, la formation ou le travail est facilité.

Ils acquièrent, au sein de l’équipe, des compétences et attitudes qui vont leur servir dans leur environnement direct et dans le milieu du travail.

Une relation de confiance est construite avec le travailleur social sur un terrain neutre. Il n’y a pas d’entretien d’admission. Les travailleurs sociaux basent et construire leur travail sur l’expérience qu’ils en font.

La BHC est donc un projet de loisirs pour les participants et un outil pour l'aide sociale.

Q: Mieux vaut dépenser de l’argent pour le logement que pour une vulgaire compétition de football

R: Ce n’est pas une question de ou/ou mais bien de et/et. Un logement ne signifie pas un chez soi, et c’est ce qu’il manque à beaucoup de nos joueurs, une place où ils peuvent se poser, où ils peuvent être entre amis chez eux.

Notre projet coûte en effet de l’argent, mais il en rapporte aussi indirectement.

Nous sommes convaincus que l’implication de personnes sans-abri dans notre projet fait diminuer et même parfois évite les admissions dans les centres de nuit, de crise, les prisons, les établissements psychiatriques...

Un retour financier du projet est aussi réalisé par l’insertion de personnes sans-abri sur le marché de l’emploi.

Q: Que le meilleur gagne!

R: Oui!

Nos tournois ne tournent pas autour de la victoire pour la meilleure équipe techniquement mais bien autour de la rencontre, l'échange et le plaisir.

Les joueurs et les équipes qui font quelque chose pour tenter de changer leur situation, qui s’engagent pour améliorer les situations individuelles et pour l’intérêt du groupe sont aussi des gagnants.